Installation & statut
Hypnothérapeute auto-entrepreneur
Aucune autorisation à demander, aucun diplôme à présenter : l'installation est libre, et c'est justement ce qui la rend piégeuse. Statut, code APE, cotisations, TVA, fédérations et assurance — ce qu'il faut régler avant la première séance.
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- à demander pour s’installer
- Aucun agrément
- activité libérale non réglementée
- BNC
- pas d’exonération santé
- TVA due
Quel statut pour démarrer ?
La micro-entreprise est le point de départ quasi universel du métier, et pour de bonnes raisons.
L'hypnothérapie est une activité libérale non réglementée : vous relevez des bénéfices non commerciaux (BNC) et vous vous déclarez auprès du guichet unique des entreprises, sans autorisation ni diplôme à produire. La micro-entreprise convient à la quasi-totalité des installations : formalités réduites, cotisations proportionnelles aux encaissements, comptabilité limitée à un livre de recettes.
Le régime micro-BNC s'applique tant que vos recettes annuelles restent sous le plafond fixé pour les prestations de services et les professions libérales — 83 600 € pour 2026. Au-delà, et après deux années consécutives de dépassement, vous basculez à la déclaration contrôlée.
- Catégorie fiscale
- BNC — bénéfices non commerciaux, activité libérale non réglementée.
- Régime micro-BNC
- Jusqu’à 83 600 € de recettes en 2026, avec un abattement forfaitaire de 34 %.
- Code APE le plus courant
- 8690F — activités de santé humaine non classées ailleurs. Alternative : 9609Z pour un positionnement bien-être.
- Cotisations sociales
- Recouvrées par l’Urssaf, calculées sur les encaissements déclarés.
- Retraite
- Régime des travailleurs indépendants — l’hypnothérapeute ne figure pas dans la liste Cipav de l’art. L640-1 du code de la sécurité sociale.
- CFE
- Exonérée l’année de création, base réduite de moitié l’année suivante. Déclaration 1447-C à déposer avant le 31 décembre de l’année de création.
Le code 8690F est une étiquette statistique attribuée par l'Insee, pas une autorisation d'exercer et encore moins une reconnaissance. Il ne vous rattache à aucune profession de santé, ne vous ouvre aucun remboursement et ne change rien à vos obligations. Le présenter à un client comme une forme d'agrément serait une allégation trompeuse.
La TVA : vous la devez, contrairement aux professions de santé
C’est l’angle mort le plus coûteux de l’installation, et presque personne ne le dit.
Pas d’exonération pour les praticiens non réglementés
L'exonération de TVA prévue pour les soins ne vise que les professions médicales et paramédicales réglementées par le code de la santé publique, les ostéopathes et chiropracteurs autorisés, les psychologues et psychothérapeutes titrés et les psychanalystes diplômés. La doctrine fiscale publiée au Bofip précise que les personnes qui rendent des services en dehors du cadre légal et réglementaire des activités médicales ou paramédicales doivent acquitter la TVA, et cite nommément parmi les exclus des praticiens non réglementés du même univers que le vôtre.
En pratique, tant que vous restez sous les seuils de la franchise en base, vous ne facturez pas de TVA : c'est le cas de la grande majorité des praticiens. Mais la protection vient de la franchise, pas d'une exonération liée à la santé — et le jour où vous franchissez le seuil, la TVA devient due sur vos séances, ce qui change votre tarif ou votre marge.
Vous ne pouvez pas mentionner sur vos factures une exonération de TVA au titre des soins : ce serait inexact. Et vous ne pouvez pas davantage laisser croire à vos clients que vos séances relèvent d'un acte de santé remboursable. Certaines mutuelles proposent des forfaits « médecines douces » — c'est un choix de l'assureur du client, jamais un remboursement de l'Assurance maladie.
Les étapes d’une installation propre
- 1 Déclarer l’activité
Création de l’entreprise au guichet unique, en activité libérale non réglementée. Vous recevez votre Siret et votre code APE.
- 2 Ouvrir un compte dédié
Obligatoire dès que le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années de suite, utile bien avant pour séparer les flux.
- 3 Souscrire la RC Pro
Avant la première séance. C’est aussi la pièce que vous réclameront le syndicat, le bailleur ou le centre qui vous héberge.
- 4 Préparer vos documents client
Document d’information et de consentement, tarifs affichés, conditions d’annulation, mentions RGPD. C’est le terrain sur lequel les contrôles administratifs relèvent le plus de manquements.
- 5 Choisir son lieu d’exercice
Bail professionnel, créneaux loués, domicile ou visio : chaque option a ses conséquences en assurance, à régler avant de signer.
- 6 Adhérer à un syndicat ou une fédération
Facultatif, mais c’est l’un des rares repères de sérieux disponibles dans une profession sans ordre — et l’attestation d’assurance y est demandée.
Syndicats et fédérations : à quoi ça sert vraiment
Aucune adhésion n’est obligatoire, mais elle règle une partie du problème de crédibilité.
Faute d'ordre professionnel, ce sont des structures privées qui organisent le métier. Le Syndicat National des Hypnothérapeutes (SNH) conditionne l'adhésion à un dossier comprenant les attestations de formation avec leur volume horaire, un justificatif d'activité et une copie de l'attestation de RC Pro ; il impose un volume de formation initiale à atteindre dans les deux ans. Le Syndicat des Métiers de l'Hypnose (SDMH) propose de son côté une offre d'assurance groupée à ses adhérents.
Attention à une confusion fréquente : la Confédération Francophone d'Hypnose et de Thérapies Brèves fédère des professionnels de santé — médecins, psychologues, chirurgiens-dentistes et certains paramédicaux. Un praticien en hypnose non-santé n'y est pas éligible, et présenter une affiliation qu'on n'a pas serait une allégation trompeuse.
En octobre 2022, Doctolib a déréférencé environ 5 700 praticiens du bien-être, dont près de 2 700 hypnothérapeutes non médicaux, en retenant comme critère la détention d'un numéro RPPS ou ADELI. La conséquence est structurelle : la crédibilité d'un praticien en hypnose ne lui est plus prêtée par une plateforme, il doit la construire — formation traçable, syndicat, assurance, documents remis au client.
Quelle assurance quand on démarre ?
La RC Pro est la seule à souscrire avant la première séance. Elle n'est imposée par aucun texte, mais elle couvre le dommage causé à un client, la mise en cause de votre accompagnement et vos frais de défense — et c'est la pièce que réclameront le syndicat, le bailleur ou le centre qui vous accueille. À ce stade, comptez 9 à 15 €/mois.
Le reste vient avec l'installation : la multirisque le jour où vous signez un bail, la prévoyance dès que l'activité devient votre revenu principal — d'autant qu'elle coûte moins cher souscrite jeune.
| Étape | Ce qui devient nécessaire | Budget indicatif |
|---|---|---|
| Premières séances, chez soi ou en visio | RC Pro, avec la pratique à distance déclarée | dès ~9 €/mois |
| Créneaux loués en centre | RC Pro + garantie exploitation, attestation à jour | ≈ 12-18 €/mois |
| Bail professionnel | + multirisque du local et perte d’exploitation | ≈ 25-40 €/mois |
| Activité devenue principale | + prévoyance dimensionnée sur vos charges | ≈ 60-90 €/mois |
Beaucoup de praticiens démarrent en distanciel avant d'avoir un cabinet. De nombreux contrats généralistes ne visent que l'exercice en présentiel : faites inscrire la pratique à distance et vérifiez la clause de territorialité si vous accompagnez des clients hors de France.
Questions fréquentes sur l’installation d’un hypnothérapeute
Faut-il un diplôme pour s'installer comme hypnothérapeute ?
Quel code APE pour un hypnothérapeute ?
Un hypnothérapeute facture-t-il la TVA ?
Quel est le plafond de la micro-entreprise ?
Faut-il adhérer à un syndicat ou une fédération ?
Quelle assurance souscrire en premier ?
Pour aller plus loin
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